251 574 euros frais compris. Max Ingrand (1908-1969), suite de trois lustres en bronze et verre sablé, 1961. Depuis son ouverture en 1877, à quelques encablures du jardin des Tuileries et du Louvre, le Normandy Hotel a vu son décor de style Napoléon III évoluer au gré des modes. En 1961, ses hauts plafonds recevaient le renfort ornemental et éclairant de trois lustres. Presque cinquante ans plus tard, ces derniers prenaient le chemin des enchères et récoltaient 220 000 euros. Le paquebot Normandie et notre établissement hôtelier partagent non seulement un nom, mais aussi un créateur... Max Ingrand est en effet l’auteur de nos triplés. Le maître verrier obtient avec ce résultat un record mondial (source : Artnet), décroché très au-dessus du précédent. Lorsque Max Ingrand travaille pour le célèbre transatlantique – il fournit avec sa première épouse, Paule, les miroirs gravés de pas moins de 240 salles de bains –, il vient tout juste de s’établir à son compte. Dans les années 1950, sa notoriété est tout autre. Il travaille pour Saint-Gobain et, à partir de 1957, est directeur artistique chez Fontana Arte. Pour le France, il concevra les murs lumineux de la piscine des première classe, leur donnant l’aspect magique de parois de quartz. En 1959, il crée les fontaines éclairantes du rond-point des Champs-Élysées et l’année suivante, celle de la place Victor-Hugo. On le voit, comme avec nos lustres, Ingrand aime jouer du verre à échelle monumentale.